| grand questionnaire
de
Charles-Albert Cingria
(un dialogue fantaisiste)
interprétation :
Jeanne De Mont, Giorgio Brasey
musique : compositions originales
de Gaëlle Graf
L’ouvrage : Le Grand Questionnaire
a paru pour la première fois dans la revue
Aujourd’hui,
Lausanne, 2ème année, Nos 59 à 63,
1931
La lecture de Grand
Questionnaire a été présentée
au:
Café-Théâtre
Le Pois Chiche,
Lausanne, 17 décembre 2009 (dans le cadre
des soirées lectures de l’association
Passeurs
de mots, responsable : Béatrice
Leresche)

- Cependant vous êtes de ce temps ;
ne faut-il pas, comme on dit, « vivre
son temps ? »
- Il n’y a point de temps, c’est-à-dire
que le temps est neutre. Comprenez que ce n’est
pas le temps en propre que concerne cette injonction,
mais un courant humain (des têtes, une musique,
des modes, un esprit) que supporte le temps. N’importe
quoi de différent (d’autres têtes,
une autre musique, d’autres modes, un autre
esprit) peut, au même moment, être
actuel. Donc il n’entre pas là une
question de temps, mais une question d’obéissance à un
courant humain plutôt qu’à d’autres.
L’on se sent entraîné :
c’est exact : mais moi je n’obéis
pas : je résiste à l’entraînement.
Je résiste et je choisis.
(Charles-Albert Cingria, Grand Questionnaire,
in La Fourmi rouge et autres textes, l’Age
d’Homme, 1978)

- Le matin, prenez-vous
du thé, du café ou
du chocolat ?
- Quelle horreur !
- Quoi quelle horreur ?
- Le chocolat, quelle horreur !
- Alors du thé ou du café ?
- Je prends, le matin, volontiers un peu de
viande crue ou un peu de gigot de la veille.
- Aimez-vous les biscuits ?
- Enormément : comme tout le monde.
(Charles-Albert Cingria, Grand Questionnaire,
in La Fourmi rouge et autres textes, l’Age
d’Homme, 1978)

l’ouvrage : Le Grand
Questionnaire a paru pour la première
fois dans la revue Aujourd’hui,
Lausanne, 2ème année, Nos 59 à 63,
1931
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