andromaque – la tentation d’une autre beauté

Loin de la détermination vengeresse d’une Hermione, la fidélité d’Andromaque à la loi du sang est ambiguë. Bien qu’apparemment irrévocable, cette fidélité à l’ordre en vigueur ne s’exerce que partiellement dans les faits, elle semble freinée par quelque chose qu’Andromaque ne dit pas clairement, mais qui trouve un écho dans le «Peut-être» de Pylade, comme dans ces mots que Pyrrhus prononce bien avant qu’il ne soit tué : « de mes inimitiés le cours est achevé ».

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photos © Jeanne Quattropani

« L’Iliade présente la guerre comme un débouché quasi naturel de la coexistence sociale, mais elle ne fait pas que cela: elle chante la beauté de la guerre (…) On dirait que tout, depuis les hommes jusqu’à la terre trouve dans l’expérience de la guerre sa réalisation la plus haute, esthétique et morale (…) la beauté de la guerre dit sa centralité dans l’expérience humaine: elle transmet l’idée qu’il n’y a rien d’autre, dans l’expérience humaine, pour exister vraiment. La guerre comme le moteur de tout avenir».

Mais…

«une des choses surprenantes de l’Iliade, c’est la force, la compassion, même, avec laquelle sont rapportées les raisons des vaincus (…) Les grecs ont transmis, dans l’Iliade, entre les lignes d’un monument à la guerre, la mémoire d’un amour obstiné pour la paix (…): le côté féminin de l’Iliade. Ce sont souvent les femmes qui énoncent, de façon directe, le désir de paix. Reléguées en marge du combat, elles incarnent l’hypothèse obstinée et quasi clandestine d’une civilisation autre, libérée des devoirs de la guerre. Elles sont convaincues qu’on pourrait vivre autrement, et elles le disent. Il y a donc une voix dans l’Iliade qui, ensevelie sous un monument à la guerre, dit adieu à la guerre et choisit la vie».

CeTTe VOix esT CeLLe de La mémOire des surViVanTes de TrOie.
« ANDROMAQUE – LA TENTATION D’UNE AUTRE BEAUTÉ » parle de cette memoire.