Projet de création 2010-2011

Andromaque
le THeaTre de racine reVele sOus un eclairaGe cru les pulsiOns Que susciTenT erOs eT THanaTOs: La mOderniTe de raCine se siTue dans ceT aFFleureMenT de l’incOnscienT Qui FaiT de l’HOMMe le lieu OBscur de FOrCes insOUmises. (Alain Viala)

aimer C’esT dOnner Ce QUe L’On n’a Pas. (Jacques Lacan)

Je m’incline devant la clarté de Viala et je souris à cette sentence de Lacan. Elle tombe comme un couperet et me touche intimement.
Une idée absolue de l’amour contre des limites humaines évidentes.

Comment donner ce que l’on n’a pas?
Que faire de ce dilemme on ne peut plus tragique?
Choisir de se résigner et le subir impuissants? Choisir de l’apprivoiser en rusant un peu? Choisir de ne pas le voir et se révolter?
Que faire?! C’est la question que se pose le héros racinien et c’est ce en quoi il est contemporain.
A coup sûr, le commun des mortels souffre régulièrement de ce dilemme tragique, mais la plupart du temps il se débrouille tant bien que mal. Parfois la souffrance se fait dérive et le sen- timent tragique se mue en tragédie: un meurtre passionnel, un suicide, une folie momentanée et des individus s’excluent du monde dans lequel ils vivent.

Pourquoi et comment en sont-ils arrivés là?
Lacan nomme une fatalité qui n’est pas extérieure à l’être humain - nous sommes proches de Racine bien plus que d’Euripide - la fatalité est intérieure.
Quelles forces la sous-tendent?
Quelle est notre liberté, et quelle conscience a-t-on de tout ceci?

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- © Jeanne Quattropani

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une création en suspens

LE DESERT DE GIBSON
Esope a raté son mariage ; son couple a coulé, elle s’est sauvée avec les enfants. Divorce, juges et pension alimentaire ; à la porte d’Esope, les huissiers se bousculent. Ultimatum. Retranché chez lui, Esope peste... et résiste ! Comment ? Il écrit ! Il ne boit pas, ne se drogue pas, ne sombre pas, il écrit. Un monde nouveau naît de la rage de sa plume. Surgit alors Zoppet, puis, plus tard, Hépose. D’où sortent-ils ? Bah! Zoppet dit venir du désert de Gibson, en Australie ; des antipodes quoi ! Il est âgé, souriant et malicieux ; une sorte de vieux sage nouveau né. Les origines d’Hépose sont très obscures, mais elle jeune, belle, rieuse et terriblement malicieuse. Hépose, Esope et Zoppet parlent. Roulez tambours : les copains d’abord ! Ô temps suspends ton vol ; la fête bat son plein et la vie est enfin douce. Il est six heures du matin, les huissiers donnent le feu vert à la police. Les gonds de la porte cèdent…
Dans la pièce entrent deux jeunes gens. Ils ont trouvé l’appartement de leurs rêves. Le début d’une vie.

LA RIVIERE QUI SE PRENAIT POUR UN FLEUVE
Huelcia chasse un maghrébin de son bistrot. Pas sûr qu’il ait de quoi payer. Corbinot voit la scène et se tait. Corbinot se dit que Huelcia est son homme, et lui propose une affaire à cinquante millions. Rendez-vous cette nuit dans la forêt où habite Corbinot. Huelcia n’en revient pas, l’affaire est conclue, mais quelle affaire ? Huelcia n’en sait trop rien, mais pour 50 bâtons il ferait n’importe quoi, sûr! Oui, mais pas tuer Amarille, qui est très jeune et belle et que Corbinot aime. Huelcia s’enfuit, Corbinot se meurt, y a-t-il eu des coups de revolver ? La forêt est profonde, les bruits sont étouffés. Peut-être, le fait est que l’arme est posée sur les genoux d’Amarille. Elle essaye de s’en saisir, le revolver tombe à terre. Jeune et belle, Amarille est seule dans la forêt, elle ne peut se lever, ses jambes sont en bois.

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© Jeanne Quattropani